Animal
de la vallée du Nil, aujourd’hui disparu de la région mais encore présent vers
1830
Le 13 novembre 1828, l’expédition
franco-toscane de Champollion poursuit sa route un peu au sud de Sohag, en
Moyenne Egypte. « En longeant le Djebel-el-Asserat, nous aperçûmes les
premiers crocodiles ; ils étaient quatre, couchés sur un îlot de sable, et
une foule d’oiseaux circulaient au milieu d’eux ». Le 15, plusieurs
crocodiles sont à proximité des bateaux, près de Girgé ; « j’en
comptai vingt-et-un, groupés sur un même îlot, et une bordée de coups de fusil
à balle, tirée d’assez près, n’eut d’autre résultat que de disperser ce
conciliabule. Ils se jetèrent au Nil, et nous perdîmes un quart d’heure à
désengraver notre maasch qui s’était trop approché de l’îlot ». Jean-François
en signale d’autres un peu plus tard, près d’Abou Simbel.
Au retour, c’est une autre approche
de l’animal qu’il connaît : « une fête mangeante » est
organisée dans la tombe de Séthi Ier, avec comme plat de résistance prévu « un
morceau de jeune crocodile à la sauce piquante » ; cependant,, le
plat tourne dans la nuit et doit être jeté (« il faudra s’en consoler
et nous n’y perdrons probablement qu’une bonne indigestion, tout au moins des
pesanteurs d’estomac »).