Scientifique
français ; proche de Jean-François
Après une participation aux guerres révolutionnaires et
des études d’ingénieur, Jean-Baptiste Biot (1774-1862) se dirige vers
l’enseignement, notamment des mathématiques. En parallèle, il est chargé de
plusieurs missions scientifiques sous l’Empire et la Restauration dans les
domaines de l’astronomie ou de la physique.
Hermine Hartleben affirme dans sa biographie que Biot
fait la connaissance de Jean-François Champollion à Figeac en 1798 et qu’il est
impressionné par ses capacités intellectuelles. Dès lors, il suit la scolarité
du garçon, notamment au lycée de Grenoble, se proposant même de l’héberger si
besoin …
En 1822, Biot et Champollion s’opposent cependant à
propos du Zodiaque de Dendérah. Le mathématicien en fixe la date à 726 av. JC
après calculs. Sans l’attaquer nommément, Jean-François remet en cause la
démonstration de Biot et fixe la date à l’époque romaine (ce que le
déchiffrement permettra de confirmer quelques mois plus tard).
Ce désaccord intellectuel ne nuit pas aux bonnes
relations entre les deux hommes, qui se retrouvent par exemple lors du séjour
italien de Champollion, en novembre 1824 : « il est venu chez moi
le soir avec un cortège de dix astronomes français, autrichiens oh piémontais.
Il va mesurer un arc du Méridien au-delà de Milan. Il est perpétuellement à
prêcher en faveur de l’Egypte et de mes travaux à ce qu’on me dit de tous
côtés. Je ne sais d’où vient cette grande faveur. Il crie contre l’avocat
Breton et déclare que l’Administration ne fait rien de ce qu’elle devrait à mon
égard. Je suis touché de cette tendresse mathématique » (Lettre à
Jacuqes-Joseph, 6 novembre 1824). Le scientifique et le déchiffreur partagent
plusieurs escapades et soirées mondaines italiennes, ce qui renforce leurs
liens d’ amitié (même si
Champollion doit décliner à regret une invitation à visiter la Sicile).
Jean-Baptiste Biot est l’une des dernières personnes à
avoir rencontré un Champollion encore en possession de ses capacités, le 12
janvier 1832 : c’est lors de leur conversation que Jean-François
s’effondre, victime d’une attaque qui le laisse presque complètement paralysé.

