vendredi 15 mai 2026

I comme ... Ibsamboul

 


Site archéologique de Basse-Nubie, visité par Jean-François

 

            Le site d’Ibsamboul, appelé aujourd’hui selon la forme arabe Abu Simbel, est célèbre à la fois pour les temples construits sur l’ordre de Ramsès II et pour leur sauvetage par l’UNESCO dans les années 1960.

            Le 26 décembre 1828, à 9 heures du matin, le bateau de Jean-François accoste sur les lieux. « Là, je pouvais jouir des plus beaux monuments de la Nubie, mais non sans quelque difficulté. Il y a deux temples entièrement creusés dans le roc, et couverts de sculptures. […] Le grand temple d’Ibsamboul vaut à lui seul le voyage de Nubie : c’est une merveille qui serait une fort belle chose même à Thèbes. Le travail que cette excavation a coûté effraye l’imagination ». Le temple étant ensablé, le déchiffreur doit faire preuve de qualités physiques pour grimper, se faufiler dans une petite ouverture : « Je crus me présenter à la bouche d’un four et me glissant entièrement dans le temple, je me trouvai dans une atmosphère à 51 degrés. […] Après deux heures et demie d’admiration et ayant vu tous les bas-reliefs, le besoin de respirer un peu d’air pur se fit sentir et il fallut regagner l’entrée de la fournaise et prendre ses précautions pour en sortir.

            Après avoir exploré le Nil jusqu’à la 2e cataracte, l’expédition franco-italienne est de retour à Ibsamboul le 3 janvier 1829, où Champollion fait le relevé et l’étude des textes et décors des deux temples. Elle en part le 16.

 


samedi 2 mai 2026

H comme ... Hammer-Purgstall

 

Diplomate et orientaliste autrichien ; soutien de Jean-François

 



            Le baron Joseph von Hammer-Purgstall (1774-1856) se passionne pour les langues orientales et l’Empire ottoman. Ses activités le font participer aux combats contre Bonaparte en Egypte en tant que traducteur au sein de l’armée britannique, mais il est aussi connu en France pour sa traduction des Mille et Une Nuits.

            Hammer-Purgstall travaille sur les hiéroglyphes et insiste sur leur valeur phonétique et défendant l’approche « acrologique » : chaque signe serait un mot dont le premier son serait sa valeur phonétique. Très tôt, il s’intéresse aux travaux de Jean-François, avec qui il correspond et dont il fait une recension dans les journaux savants autrichiens. « L’article de M. de Hammer est au-dessus de ce qu’annonce sa lettre. Il casse les vitres en ma faveur et il m’élève au 3e ciel. Voilà bien le proverbe usuel, nul n’est prophète dans son pays, justifié d’une manière frappante. […] M. de Hammer parle des principaux auteurs vivants et qui s’occupent de l’Egypte. Il fait l’énumération des différentes parties qu’ils ont traitées, a servi à la fin de son alinéa, mais combien M. Champollion les a laissées derrière lui ! avec un grand point d’exclamation.  Parmi les auteurs qu’il place à ma queue se trouvent MM. Silvestre de Sacy et le Quatremère. Cela produira un bon effet et explique peut-être la rudesse de la dernière lettre de mon illustre maître » (lettre de Jean-François, 1811).

            Von Hammer et Champollion poursuivent leur correspondance, dans laquelle ce dernier l’informe de l’avancée de ses travaux. Jean-François n’hésite pas à critiquer l’approche de son aîné en ce qui concerne les hiéroglyphes : « Quant aux rêveries de M. de Hammer, je verrai, d’après sa lettre, ce qu’il sera convenable d’y répondre ; mais sa manière d’étymologiser sur les caractères phonétiques ne me convient pas du tout, et je lui laisserai de bien bon cœur toute la gloire de ces rapprochements » (lettre d’Italie, 3 juin 1824).

 

samedi 25 avril 2026

N comme ... Naissance

 

Evénement devenu source de légendes


            Jean-François Champollion naît le jeudi 23 décembre 1790 dans la maison familiale rue de la Boudousquerie. Il est baptisé le jour même à l’église Notre-Dame du Puy, par l’abbé Bousquet. Son frère aîné, Jacques-Joseph, est le parrain (par erreur, le prêtre le prénomme « Jean-François » sur le registre paroissial) ; Dorothée Gualieu, sa tante maternelle, est sa marraine.

            La naissance est entourée de rumeurs et de légendes, liées sans doute à sa future passion du garçon pour l’Egypte et les supposés mystères qui l’accompagnent, mais aussi à sa précocité et à son génie. La principale concerne la mère du déchiffreur : très malade et âgée de 48 ans, elle aurait reçu la visite d’un guérisseur local, « Jacquou le sorcier », qui lui aurait annoncé la naissance d’un dernier garçon (sa précédente grossesse datait de dix ans), qui connaîtrait des réussites brillantes et deviendrait « une lumière pour les siècles à venir ».

            On a pu évoquer l’hypothèse d’une naissance hors mariage, compte tenu de l’âge de Jeanne Gualieu et du peu de sentiments manifestés par Jean-François dans ses lettres à l’égard de ses parents. Cependant, aucune preuve historique n’est venue confirmer cette théorie.

 


vendredi 17 avril 2026

A comme ... Åkerblad

 

Archéologue suédois ; précurseur de Jean-François

 

            Johan David Åkerblad (1763-1819) est un diplomate suédois qui s’intéresse à l’Orient, notamment à l’Egypte ancienne, à l’occasion de ses missions.

            Åkerblad traduit le texte démotique de la Pierre de Rosette et cherche à déchiffrer les hiéroglyphes ; il réalise des progrès mais pense que tous les signes sont phonétiques. Champollion ne croit pas beaucoup en lui : « il a avoué lui-même à l’abbé de Tersan de qui je le tiens que, malgré son alphabet et ses belles découvertes, il ne pouvait point lire trois mots de suite dans une inscription égyptienne ».



Encouragé notamment par Silvestre de Sacy dans ses travaux, John Åkerblad meurt avant que Jean-François Champollion (avec qui il a eu quelques échanges épistolaires) ne montre que l’écriture égyptienne mêle signes phonétiques et signes idéographiques ; de toute façon, le Suédois avait confié son héritage intellectuel en Thomas Young … Champollion lui rend cependant hommage, que ce soit dans la Lettre à M. Dacier (1822) ou dans son Discours inaugural au Collège de France (1831) : « il resta prouvé toutefois, par les travaux de MM. De Sacy et Åkerblad, que l’écriture vulgaire des anciens Egyptiens exprimait les noms propres étrangers par le moyen de signes véritablement alphabétiques. »

 

vendredi 10 avril 2026

D comme ... Destin

  

            Dans un courrier à Jacques-Joseph en 1803, le jeune Jean-François Champollion, âgé de 13 ans, écrit : « Je suis irrésistiblement poussé par ma tête, mes goûts et mon cœur dans les chemins difficiles, hérissés d’aspérités […], tel est mon destin : il faudra le subir. »

 

samedi 4 avril 2026

O comme ...Ouadi Halfa

 


 

Ville du Soudan visitée par Jean-François

            Ouadi Halfa est une ville située au Soudan, aujourd’hui reconstruite sur les hauteurs du lac Nasser après la mise en eau du barrage d’Assouan.

            « Me voici arrivé fort heureusement au terme extrême de mon voyage : j’ai devant moi la deuxième cataracte, barrière de granit que le Nil a su vaincre, mais que je ne dépasserai pas » (1er janvier 1829). Ouadi Halfa marque donc le lieu du demi-tour de l’expédition franco-toscane, occasion d’un premier bilan pour Jean-François avant une étude plus minutieuse de certains sites pendant le trajet retour. C’est aussi de Ouadi Halfa qu’il écrit la « deuxième lettre à M. Dacier », qui confirme la pertinence de sa méthode de déchiffrement.

            Champollion étudie les vestiges du lieu, « et c’est plus que je n’attendais à la première inspection des ruines ». Il établit notamment les noms de certaines tribus nubiennes, d’autres traces ayant disparu (« je doute qu’on les trouve dans aucun géographe grec ; il faudrait avoir le Strabon de deux mille ans avant Jésus-Christ »).

 



vendredi 27 mars 2026

M comme ... Mazarine

 


Rue de Paris dans laquelle a vécu Jean-François

 

            En juillet 1821, Jean-François Champollion revient à Paris, cette fois pour s’y installer avec sa famille. Son choix sur un appartement situé au 28 rue Mazarine, dans le 6e arrondissement. Il se trouve à proximité de l’Institut, où travaille son frère, et de nombreuses institutions académiques qui intéressent Jean-François. Les Champollion vivent pendant trois ans dans ce lieu, au 2e étage, qui avait été quelques années auparavant un atelier du peintre Horace Vernet. Comme l’indique une plaque apposée depuis sur l’immeuble, « dans cette maison où il habitait, Jean-François Champollion découvrit en septembre 1822 le principe du déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens. »

            En novembre 1826, après le séjour italien, Jean-François revient rue Mazarine, dans un nouvel appartement plus vaste, au numéro 19 : son nouveau statut professionnel lui permet un confort plus important. Comme dans le précédent, il cohabite avec son frère, son épouse et leurs enfants. Champollion y réside jusqu’à son départ en Egypte en 1828.

 



I comme ... Ibsamboul

  Site archéologique de Basse-Nubie, visité par Jean-François               Le site d’Ibsamboul, appelé aujourd’hui selon la forme arabe...