Moyen utilisé sous l’Empire
pour constituer la Grande Armée ; crainte de Jean-François
1808 : Jean-François
Champollion, étudiant à Paris, a 18 ans et commence à se préoccuper. « Le
gouvernement a un extrême besoin de jeunes orientalistes, non pour l’avancement
des sciences mais pour s’en servir en les employant à leurs risques et périls à
la négociation de ses affaires ». Il craint en effet la conscription,
non pas directement dans l’armée mais dans le corps diplomatique napoléonien. « Voici
quel est le moyen d’y parer : c’est de ne plus suivre les cours de l’Ecole
Spéciale, sans pour cela abandonner en aucune façon les langues
orientales ». Depuis 1798, un tirage au sort est effectué auprès des
jeunes Français afin qu’ils rejoignent l’armée, sauf pour ceux qui ont une
compétence particulière et ont donc l’obligation de répondre à l’appel.
Jacques-Joseph Champollion-Figeac
utilise alors son réseau amical et professionnel afin de régler cette
situation, et obtient que Joseph Fourier, préfet de l’Isère et proche de
l’empereur, l’exempte de la conscription dans le but de favoriser ses recherches
(après un rapport du marquis de Fontanès, Grand-maître de l’Université
impériale). Il peut rassurer son cadet : « Travaille donc avec
sécurité et ne crains ni le fusil ou la giberne. L’un et l’autre t’iraient
assez mal. Rassure-toi donc : tu as figuré sur la liste de Grenoble et ton
affaire est arrangée ; tu as figuré à Figeac et ton numéro n’est pas
appelé ; tu as donc la règle des deux côtés, et tu as en mains de quoi
répondre à toutes les questions qui pourraient t’être faites. Mais laisse
ignorer tout cela à tout le monde. »