Diplomate et orientaliste
autrichien ; soutien de Jean-François
Le baron Joseph von Hammer-Purgstall
(1774-1856) se passionne pour les langues orientales et l’Empire ottoman. Ses
activités le font participer aux combats contre Bonaparte en Egypte en tant que
traducteur au sein de l’armée britannique, mais il est aussi connu en France pour
sa traduction des Mille et Une Nuits.
Hammer-Purgstall travaille sur les
hiéroglyphes et insiste sur leur valeur phonétique et défendant l’approche « acrologique » :
chaque signe serait un mot dont le premier son serait sa valeur phonétique. Très
tôt, il s’intéresse aux travaux de Jean-François, avec qui il correspond et
dont il fait une recension dans les journaux savants autrichiens. « L’article
de M. de Hammer est au-dessus de ce qu’annonce sa lettre. Il casse les vitres
en ma faveur et il m’élève au 3e ciel. Voilà bien le proverbe usuel,
nul n’est prophète dans son pays, justifié d’une manière frappante. […] M.
de Hammer parle des principaux auteurs vivants et qui s’occupent de l’Egypte.
Il fait l’énumération des différentes parties qu’ils ont traitées, a servi à la
fin de son alinéa, mais combien M. Champollion les a laissées derrière
lui ! avec un grand point d’exclamation.
Parmi les auteurs qu’il place à ma queue se trouvent MM. Silvestre de Sacy
et le Quatremère. Cela produira un bon effet et explique peut-être la rudesse
de la dernière lettre de mon illustre maître » (lettre de
Jean-François, 1811).
Von Hammer et Champollion
poursuivent leur correspondance, dans laquelle ce dernier l’informe de
l’avancée de ses travaux. Jean-François n’hésite pas à critiquer l’approche de
son aîné en ce qui concerne les hiéroglyphes : « Quant aux
rêveries de M. de Hammer, je verrai, d’après sa lettre, ce qu’il sera convenable
d’y répondre ; mais sa manière d’étymologiser sur les caractères phonétiques
ne me convient pas du tout, et je lui laisserai de bien bon cœur toute la
gloire de ces rapprochements » (lettre d’Italie, 3 juin 1824).
