vendredi 17 avril 2026

A comme ... Åkerblad

 

Archéologue suédois ; précurseur de Jean-François

 

            Johan David Åkerblad (1763-1819) est un diplomate suédois qui s’intéresse à l’Orient, notamment à l’Egypte ancienne, à l’occasion de ses missions.

            Åkerblad traduit le texte démotique de la Pierre de Rosette et cherche à déchiffrer les hiéroglyphes ; il réalise des progrès mais pense que tous les signes sont phonétiques. Champollion ne croit pas beaucoup en lui : « il a avoué lui-même à l’abbé de Tersan de qui je le tiens que, malgré son alphabet et ses belles découvertes, il ne pouvait point lire trois mots de suite dans une inscription égyptienne ».



Encouragé notamment par Silvestre de Sacy dans ses travaux, John Åkerblad meurt avant que Jean-François Champollion (avec qui il a eu quelques échanges épistolaires) ne montre que l’écriture égyptienne mêle signes phonétiques et signes idéographiques ; de toute façon, le Suédois avait confié son héritage intellectuel en Thomas Young … Champollion lui rend cependant hommage, que ce soit dans la Lettre à M. Dacier (1822) ou dans son Discours inaugural au Collège de France (1831) : « il resta prouvé toutefois, par les travaux de MM. De Sacy et Åkerblad, que l’écriture vulgaire des anciens Egyptiens exprimait les noms propres étrangers par le moyen de signes véritablement alphabétiques. »

 

vendredi 10 avril 2026

D comme ... Destin

  

            Dans un courrier à Jacques-Joseph en 1803, le jeune Jean-François Champollion, âgé de 13 ans, écrit : « Je suis irrésistiblement poussé par ma tête, mes goûts et mon cœur dans les chemins difficiles, hérissés d’aspérités […], tel est mon destin : il faudra le subir. »

 

samedi 4 avril 2026

O comme ...Ouadi Halfa

 


 

Ville du Soudan visitée par Jean-François

            Ouadi Halfa est une ville située au Soudan, aujourd’hui reconstruite sur les hauteurs du lac Nasser après la mise en eau du barrage d’Assouan.

            « Me voici arrivé fort heureusement au terme extrême de mon voyage : j’ai devant moi la deuxième cataracte, barrière de granit que le Nil a su vaincre, mais que je ne dépasserai pas » (1er janvier 1829). Ouadi Halfa marque donc le lieu du demi-tour de l’expédition franco-toscane, occasion d’un premier bilan pour Jean-François avant une étude plus minutieuse de certains sites pendant le trajet retour. C’est aussi de Ouadi Halfa qu’il écrit la « deuxième lettre à M. Dacier », qui confirme la pertinence de sa méthode de déchiffrement.

            Champollion étudie les vestiges du lieu, « et c’est plus que je n’attendais à la première inspection des ruines ». Il établit notamment les noms de certaines tribus nubiennes, d’autres traces ayant disparu (« je doute qu’on les trouve dans aucun géographe grec ; il faudrait avoir le Strabon de deux mille ans avant Jésus-Christ »).

 



vendredi 27 mars 2026

M comme ... Mazarine

 


Rue de Paris dans laquelle a vécu Jean-François

 

            En juillet 1821, Jean-François Champollion revient à Paris, cette fois pour s’y installer avec sa famille. Son choix sur un appartement situé au 28 rue Mazarine, dans le 6e arrondissement. Il se trouve à proximité de l’Institut, où travaille son frère, et de nombreuses institutions académiques qui intéressent Jean-François. Les Champollion vivent pendant trois ans dans ce lieu, au 2e étage, qui avait été quelques années auparavant un atelier du peintre Horace Vernet. Comme l’indique une plaque apposée depuis sur l’immeuble, « dans cette maison où il habitait, Jean-François Champollion découvrit en septembre 1822 le principe du déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens. »

            En novembre 1826, après le séjour italien, Jean-François revient rue Mazarine, dans un nouvel appartement plus vaste, au numéro 19 : son nouveau statut professionnel lui permet un confort plus important. Comme dans le précédent, il cohabite avec son frère, son épouse et leurs enfants. Champollion y réside jusqu’à son départ en Egypte en 1828.

 



dimanche 22 mars 2026

W comme ... Wilkinson (John Gardner)


 Egyptologue britannique ; correspondant de Jean-François


            Considéré comme le père de l’égyptologie britannique, John Gardner Wilkinson (1797-1875) mène des recherches en Egypte à partir de 1821 et communique certains relevés de Karnak à Champollion, alors à Rome, par l’intermédiaire de William Gell.

            Les contacts entre les deux égyptologues restent limités et parfois tendus : on prétend que le Britannique aurait refusé de rencontrer Champollion lors de l’expédition égyptienne de celui-ci. Cependant, à la mort de Jean-François, Wilkinson écrit à Jacques-Joseph : « Personne ne peut apprécier mieux que moi l’inestimable talent de ce savant. Personne aussi ne saurait mesurer l’étendue de cette perte mieux que celui qui a été occupé si longtemps des mêmes études. Voici la fin des lumières que son savoir a pu jeter sur les hiéroglyphes. Le flambeau est tombé à terre et personne n’est capable de le reprendre ».

            Par la suite, Wilkinson retourne trois fois en Egypte et publie de nombreux ouvrages liés à l’archéologie de ce pays.

samedi 14 mars 2026

B comme ... Biot (Jean-Baptiste)

 


Scientifique français ; proche de Jean-François

 

            Après une participation aux guerres révolutionnaires et des études d’ingénieur, Jean-Baptiste Biot (1774-1862) se dirige vers l’enseignement, notamment des mathématiques. En parallèle, il est chargé de plusieurs missions scientifiques sous l’Empire et la Restauration dans les domaines de l’astronomie ou de la physique.

            Hermine Hartleben affirme dans sa biographie que Biot fait la connaissance de Jean-François Champollion à Figeac en 1798 et qu’il est impressionné par ses capacités intellectuelles. Dès lors, il suit la scolarité du garçon, notamment au lycée de Grenoble, se proposant même de l’héberger si besoin …

            En 1822, Biot et Champollion s’opposent cependant à propos du Zodiaque de Dendérah. Le mathématicien en fixe la date à 726 av. JC après calculs. Sans l’attaquer nommément, Jean-François remet en cause la démonstration de Biot et fixe la date à l’époque romaine (ce que le déchiffrement permettra de confirmer quelques mois plus tard).

            Ce désaccord intellectuel ne nuit pas aux bonnes relations entre les deux hommes, qui se retrouvent par exemple lors du séjour italien de Champollion, en novembre 1824 : « il est venu chez moi le soir avec un cortège de dix astronomes français, autrichiens oh piémontais. Il va mesurer un arc du Méridien au-delà de Milan. Il est perpétuellement à prêcher en faveur de l’Egypte et de mes travaux à ce qu’on me dit de tous côtés. Je ne sais d’où vient cette grande faveur. Il crie contre l’avocat Breton et déclare que l’Administration ne fait rien de ce qu’elle devrait à mon égard. Je suis touché de cette tendresse mathématique » (Lettre à Jacuqes-Joseph, 6 novembre 1824). Le scientifique et le déchiffreur partagent plusieurs escapades et soirées mondaines italiennes, ce qui renforce leurs liens d’            amitié (même si Champollion doit décliner à regret une invitation à visiter la Sicile).

            Jean-Baptiste Biot est l’une des dernières personnes à avoir rencontré un Champollion encore en possession de ses capacités, le 12 janvier 1832 : c’est lors de leur conversation que Jean-François s’effondre, victime d’une attaque qui le laisse presque complètement paralysé.

 



samedi 7 mars 2026

T comme ... Tabatière

 

Cadeau offert à Jean-François pour le déchiffrement

 

            Au début de 1823, Louis XVIII souhaite récompenser Jean-François Champollion pour sa découverte. Ce dernier espère obtenir un poste officiel afin de poursuivre son travail. Finalement, c’est par l’intermédiaire du duc de Blacas qu’est remis au déchiffreur une tabatière en or sur laquelle est inscrit : « Le roi Louis XVIII à M. Champollion le Jeune à l’occasion de sa découverte de l’alphabet des hiéroglyphes. »

 

samedi 28 février 2026

C comme ... Crocodiles

 

Animal de la vallée du Nil, aujourd’hui disparu de la région mais encore présent vers 1830

 

            Le 13 novembre 1828, l’expédition franco-toscane de Champollion poursuit sa route un peu au sud de Sohag, en Moyenne Egypte. « En longeant le Djebel-el-Asserat, nous aperçûmes les premiers crocodiles ; ils étaient quatre, couchés sur un îlot de sable, et une foule d’oiseaux circulaient au milieu d’eux ». Le 15, plusieurs crocodiles sont à proximité des bateaux, près de Girgé ; « j’en comptai vingt-et-un, groupés sur un même îlot, et une bordée de coups de fusil à balle, tirée d’assez près, n’eut d’autre résultat que de disperser ce conciliabule. Ils se jetèrent au Nil, et nous perdîmes un quart d’heure à désengraver notre maasch qui s’était trop approché de l’îlot ». Jean-François en signale d’autres un peu plus tard, près d’Abou Simbel.

            Au retour, c’est une autre approche de l’animal qu’il connaît : « une fête mangeante » est organisée dans la tombe de Séthi Ier, avec comme plat de résistance prévu « un morceau de jeune crocodile à la sauce piquante » ; cependant,, le plat tourne dans la nuit et doit être jeté (« il faudra s’en consoler et nous n’y perdrons probablement qu’une bonne indigestion, tout au moins des pesanteurs d’estomac »).

 

samedi 21 février 2026

W comme ... Walckenaër

 


Naturaliste et homme politique français ; confrère de Jean-François

 

            Charles Athanase Walckenaër (1771-1852) se consacre à l’histoire naturelle à partir de la Révolution française puis occupe des fonctions politiques sous la Restauration. Il occupe plusieurs postes importants dans des institutions scientifiques, notamment président de l’Académie royale des sciences et belles-lettres, à laquelle Champollion appartient depuis 1830.

            C’est à ce titre qu’il prononce l’oraison funèbre de Jean-François au Père-Lachaise, le 6 mars 1832 : « si [la mort] attaque la jeunesse dans sa force, si elle arrête le génie dans son premier essor, il nous semble qu’elle abuse de sa terrible puissance, et que, par un coup trop hardi, elle trouble l’ordre éternel de la Providence. »

            Il rend hommage au déchiffreur en ces termes : « Ce nom ne périra jamais ; mais la vive lumière que M. Champollion répandait sur le sol et les monuments de l’antique Egypte s’est éteinte, au moment même où elle brillait avec le plus d’éclat, et les ténèbres que nous espérions voir se dissiper à sa clarté, nous laissent des regrets qui, peut-être longtemps encore, seront partagés par la postérité. Le deuil d’une seule famille devient un deuil général pour tous ceux qui cultivent les lettres et s’intéressent à leur progrès. »

 

dimanche 15 février 2026

C comme ... Cataracte

  

Louis Amable Crapelet
Vue de la deuxième cataracte sur le Nil, en Nubie
1854
aquarelle ; mine graphite
H. 13,5 ; L. 26,5 cm
Achat, 1923
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)


Encombrement rocheux qui empêche la navigation sur le Nil, visité par Jean-François

 

            Sur les six cataractes du Nil, Champollion en a connu deux. La deuxième marque avant tout la fin méridionale de son périple en Egypte et Nubie.

            La première est en revanche parcourue plus en détails, à deux reprises. Le 5 décembre 1828, elle est franchie à pied, difficilement pour Champollion qui souffre physiquement du pied gauche, notamment lors de la visite de Philae : « au retour, je me couchai et je ne me suis pas encore relevé, vu que ma goutte de Paris a jugé à propos de se porter à la première cataracte et de me traquer au passage. »

            Lors de la descente du Nil, quelques semaines plus tard, il va « avec MM. Duchesne, Lhôte, Lehoux et Bertin, faire une partie de plaisir à la cataracte où nous prîmes un modeste repas, assis à l’ombre d’un santh (mimosa fort épineux), le seul arbre du lieu, en face des brisants du Nil, dont le bruissement me rappela nos torrents des Alpes ». Pendant son séjour à Assouan (alors Syène), Champollion étudie les inscriptions aux divinités de la première cataracte, dont partait la crue du Nil selon la mythologie égyptienne.

 

La première cataracte aujourd'hui


mercredi 11 février 2026

N comme ... Notaire

 

Projet (provocateur ?) de carrière de Jean-François

 

            Grenoble, 1815 : la Restauration et la Terreur blanche touchent les frères Champollion. Jean-François voit son avenir de professeur ou de bibliothécaire s’assombrir : « Nul doute que la Faculté des lettres ne soit supprimée en masse. […] Dans tous les cas, Bilon moi, toi et Berriat-Saint-Prix seront chassés. Nous sommes rasés … »

            Plus ou moins sérieusement, Jean-François envisage un changement de voie complet : « Je veux embrasser l’état de notaire à Grenoble. Tu me diras que c’est d’évêque devenir meunier ; mais qu’importe qi la mitre ne nourrit pas et qu’il y ait de la farine au moulin : ce n’est plus le temps de tenir au rang. D’ailleurs je connais maints notaires plus estimés et plus considérés qu’un bloc de professeurs. »

            Deux raisons principales le poussent vers cette possibilité : la volonté de se marier avec Rosine Blanc, et donc d’avoir une situation financière stable, mais aussi « de me trouver en peu de temps à l’abri des révolutions ». « D’où il résulte que pour moi, hors du notariat point de salut. »

            Aucune suite concrète n’est donnée à ce projet …

 

samedi 7 février 2026

A comme ... Académie des Inscriptions et belles-lettres

 

Institution intégrée par Jean-François Champollion

 

            Fondée par Colbert en 1663, la « Petite Académie » rejoint l’Institut de France en 1795 et prend le nom d’Académie des Inscriptions et Belles lettres en 1816. Elle se consacre principalement à l’histoire et à l’archéologie.

            C’est dans ce lieu prestigieux (dans lequel il est déjà intervenu à de multiples reprises) que Jean-François présente sa découverte, le 27 septembre 1822, après avoir écrit sa fameuse « Lettre à M. Dacier », secrétaire perpétuel de l’institution.

            Dans la continuité de ses recherches, Champollion fait acte de candidature à l’Académie, soutenu comme toujours par son frère, d’abord sans succès. « C’est que l’envie et la sottise ont dressé contre lui une opposition tenace, puissante et perfide » (André Dupont-Sommer). Finalement, le déchiffreur est élu le 7 mai 1830 et introduit le 28 du même mois. Il s’y montre assidu et actif, malgré ses autres occupations et sa santé de plus en plus chancelante.

            A sa mort, son siège échoit au linguiste Eugène Burnouf.

 

mercredi 28 janvier 2026

P comme ... Phtisie

 

Mot désignant la tuberculose pulmonaire ; probable cause de la mort de Jean-François

 

            Désignant globalement un état de grande fatigue et d’amaigrissement extrême, le terme « phtisie » est synonyme au début du XIXe siècle de « tuberculose », jusqu’à ce que ce mot devienne dominant dans le monde médical à partir des années 1830.

            « Phtisie galopante ». C’est le diagnostic émis par Jean Cruveilhier, anatomiste et chirurgien dont la renommée n’est pas encore ce qu’elle sera dans les années suivantes, après avoir été appelé au chevet de Champollion, victime d’une violente attaque le 29 janvier 1832. D’autres éléments de son état de santé déplorables sont notés, de la goutte à son alimentation néfaste en Egypte, mais l’état de ses poumons pourrait être la cause première de son décès prématuré.

 

mercredi 21 janvier 2026

A comme ... Astrolabe

 

Bateau militaire français, à bord duquel Jean-François rentre d’Egypte

 

            L’Astrolabe est une frégate, construite en 1812, originellement appelée la Coquille. C’est Dumont d’Urville qui la baptiste ainsi, en 1826, en hommage au bateau de La Pérouse, lorsqu’il part à la recherche du lieu du naufrage de celui-ci et dans une mission d’exploration du Pacifique.

            De retour à Toulon en 1829, le navire commandé par M. de Verninac (« un de mes compatriotes quercynois ») reçoit ensuite pour mission de ramener d’Egypte l’expédition franco-piémontaise de Champollion, ainsi que tous les objets destinés au Louvre. L’Astrolabe arrive dans la rade de Toulon le 23 décembre, jour de l’anniversaire de Jean-François, où il doit subir une quarantaine avant d’accoster.

            La frégate participe ensuite à la conquête de l’Algérie, réalise une troisième circumnavigation avant d’être démolie en 1852.

 

mardi 13 janvier 2026

C comme ... Conscription

 

Moyen utilisé sous l’Empire pour constituer la Grande Armée ; crainte de Jean-François

 

            1808 : Jean-François Champollion, étudiant à Paris, a 18 ans et commence à se préoccuper. « Le gouvernement a un extrême besoin de jeunes orientalistes, non pour l’avancement des sciences mais pour s’en servir en les employant à leurs risques et périls à la négociation de ses affaires ». Il craint en effet la conscription, non pas directement dans l’armée mais dans le corps diplomatique napoléonien. « Voici quel est le moyen d’y parer : c’est de ne plus suivre les cours de l’Ecole Spéciale, sans pour cela abandonner en aucune façon les langues orientales ». Depuis 1798, un tirage au sort est effectué auprès des jeunes Français afin qu’ils rejoignent l’armée, sauf pour ceux qui ont une compétence particulière et ont donc l’obligation de répondre à l’appel.

            Jacques-Joseph Champollion-Figeac utilise alors son réseau amical et professionnel afin de régler cette situation, et obtient que Joseph Fourier, préfet de l’Isère et proche de l’empereur, l’exempte de la conscription dans le but de favoriser ses recherches (après un rapport du marquis de Fontanès, Grand-maître de l’Université impériale). Il peut rassurer son cadet : « Travaille donc avec sécurité et ne crains ni le fusil ou la giberne. L’un et l’autre t’iraient assez mal. Rassure-toi donc : tu as figuré sur la liste de Grenoble et ton affaire est arrangée ; tu as figuré à Figeac et ton numéro n’est pas appelé ; tu as donc la règle des deux côtés, et tu as en mains de quoi répondre à toutes les questions qui pourraient t’être faites. Mais laisse ignorer tout cela à tout le monde. »

 

mardi 6 janvier 2026

D comme ... Dujardin (Jean)

  

Médecin et philologue français ; critique de Jean-François

 

            Quand Julius Klaproth meurt en 1835, c’est avec « la consolation d’avoir assuré, en la personne du Dr Dujardin, un continuateur pour son œuvre de destruction que la mort même ne devait pas interrompre. Seulement, ce jeune médecin, plein d’ardeur et remarquablement éclectique, ne recherchait que la vérité, sans se douter le moins du monde qu’il devait servir à l’assouvissement d’une basse vengeance » (H. Hartleben).

            Spécialiste du copte, Jean Dujardin écrit plusieurs articles afin de démontrer que le système de déchiffrement de Champollion n’est pas effectif. Très attaché à la vision symbolique des hiéroglyphes, il souligne l’écart entre le copte et la langue des hiéroglyphes de l’époque gréco-romaine pour réfuter l’ensemble du travail de Champollion. Selon lui, il faut s’appuyer sur tout ce qu’ont écrit les savants depuis l’Antiquité, ce qui invalide « l’opinion, si contraire à la croyance générale de tous les temps » choisie par l’ « esprit hardi » venu de Figeac concernant la valeur essentiellement phonétique des hiéroglyphes.

            Face aux critiques, Dujardin décide d’aller en Egypte afin de prouver ce qu’il avance. ; il peut aussi consulter des documents écrits par le déchiffreur, mis à sa disposition par Jacques-Joseph. Les deux élément combinés créent le doute chez lui et finissent par lui faire reconnaître son erreur. Trop tard : il meurt brutalement au Caire en août 1838, à l’âge de 39 ans.

 

 

A noter que dans le Dictionnaire des scientifiques de Touraine publié en 2017, il apparaît dans l’index  avec comme domaine scientifique « Médecin et déchiffreur des hiéroglyphes »


 

vendredi 2 janvier 2026

A comme ... Assouan

 


Ville de Haute-Egypte, visitée par Jean-François

 

            Assouan (appelée Syène par les Grecs) est la dernière ville d’Egypte avant la première cataracte et la Nubie. 

            Elle est un lieu de déceptions et d’impressions pour Jean-François Champollion, qui y parvient le 4 décembre 1828. « J’eus encore là de cuisants regrets à éprouver : les deux temples de l’île d’Eléphantine, que j’allai visiter aussitôt que l’ardeur du soleil fut amortie, ont aussi été démolis : il n’en reste que la place […] J’avais reconnu le matin ce qui reste du temple de Syène : c’est ce que j’ai vu de plus misérable en sculpture ». De plus, l’expédition doit abandonner ces deux embarcations pour franchir la cataracte à pied et avec des ânes pour le matériel : touché par un rhumatisme au pied, Jean-François doit être porté, notamment pour la visite de Philae.

 


A comme ... Åkerblad

  Archéologue suédois ; précurseur de Jean-François               Johan David Åkerblad (1763-1819) est un diplomate suédois qui s’intére...