dimanche 22 mars 2026

W comme ... Wilkinson (John Gardner)


 Egyptologue britannique ; correspondant de Jean-François


            Considéré comme le père de l’égyptologie britannique, John Gardner Wilkinson (1797-1875) mène des recherches en Egypte à partir de 1821 et communique certains relevés de Karnak à Champollion, alors à Rome, par l’intermédiaire de William Gell.

            Les contacts entre les deux égyptologues restent limités et parfois tendus : on prétend que le Britannique aurait refusé de rencontrer Champollion lors de l’expédition égyptienne de celui-ci. Cependant, à la mort de Jean-François, Wilkinson écrit à Jacques-Joseph : « Personne ne peut apprécier mieux que moi l’inestimable talent de ce savant. Personne aussi ne saurait mesurer l’étendue de cette perte mieux que celui qui a été occupé si longtemps des mêmes études. Voici la fin des lumières que son savoir a pu jeter sur les hiéroglyphes. Le flambeau est tombé à terre et personne n’est capable de le reprendre ».

            Par la suite, Wilkinson retourne trois fois en Egypte et publie de nombreux ouvrages liés à l’archéologie de ce pays.

samedi 14 mars 2026

B comme ... Biot (Jean-Baptiste)

 


Scientifique français ; proche de Jean-François

 

            Après une participation aux guerres révolutionnaires et des études d’ingénieur, Jean-Baptiste Biot (1774-1862) se dirige vers l’enseignement, notamment des mathématiques. En parallèle, il est chargé de plusieurs missions scientifiques sous l’Empire et la Restauration dans les domaines de l’astronomie ou de la physique.

            Hermine Hartleben affirme dans sa biographie que Biot fait la connaissance de Jean-François Champollion à Figeac en 1798 et qu’il est impressionné par ses capacités intellectuelles. Dès lors, il suit la scolarité du garçon, notamment au lycée de Grenoble, se proposant même de l’héberger si besoin …

            En 1822, Biot et Champollion s’opposent cependant à propos du Zodiaque de Dendérah. Le mathématicien en fixe la date à 726 av. JC après calculs. Sans l’attaquer nommément, Jean-François remet en cause la démonstration de Biot et fixe la date à l’époque romaine (ce que le déchiffrement permettra de confirmer quelques mois plus tard).

            Ce désaccord intellectuel ne nuit pas aux bonnes relations entre les deux hommes, qui se retrouvent par exemple lors du séjour italien de Champollion, en novembre 1824 : « il est venu chez moi le soir avec un cortège de dix astronomes français, autrichiens oh piémontais. Il va mesurer un arc du Méridien au-delà de Milan. Il est perpétuellement à prêcher en faveur de l’Egypte et de mes travaux à ce qu’on me dit de tous côtés. Je ne sais d’où vient cette grande faveur. Il crie contre l’avocat Breton et déclare que l’Administration ne fait rien de ce qu’elle devrait à mon égard. Je suis touché de cette tendresse mathématique » (Lettre à Jacuqes-Joseph, 6 novembre 1824). Le scientifique et le déchiffreur partagent plusieurs escapades et soirées mondaines italiennes, ce qui renforce leurs liens d’            amitié (même si Champollion doit décliner à regret une invitation à visiter la Sicile).

            Jean-Baptiste Biot est l’une des dernières personnes à avoir rencontré un Champollion encore en possession de ses capacités, le 12 janvier 1832 : c’est lors de leur conversation que Jean-François s’effondre, victime d’une attaque qui le laisse presque complètement paralysé.

 



samedi 7 mars 2026

T comme ... Tabatière

 

Cadeau offert à Jean-François pour le déchiffrement

 

            Au début de 1823, Louis XVIII souhaite récompenser Jean-François Champollion pour sa découverte. Ce dernier espère obtenir un poste officiel afin de poursuivre son travail. Finalement, c’est par l’intermédiaire du duc de Blacas qu’est remis au déchiffreur une tabatière en or sur laquelle est inscrit : « Le roi Louis XVIII à M. Champollion le Jeune à l’occasion de sa découverte de l’alphabet des hiéroglyphes. »

 

samedi 28 février 2026

C comme ... Crocodiles

 

Animal de la vallée du Nil, aujourd’hui disparu de la région mais encore présent vers 1830

 

            Le 13 novembre 1828, l’expédition franco-toscane de Champollion poursuit sa route un peu au sud de Sohag, en Moyenne Egypte. « En longeant le Djebel-el-Asserat, nous aperçûmes les premiers crocodiles ; ils étaient quatre, couchés sur un îlot de sable, et une foule d’oiseaux circulaient au milieu d’eux ». Le 15, plusieurs crocodiles sont à proximité des bateaux, près de Girgé ; « j’en comptai vingt-et-un, groupés sur un même îlot, et une bordée de coups de fusil à balle, tirée d’assez près, n’eut d’autre résultat que de disperser ce conciliabule. Ils se jetèrent au Nil, et nous perdîmes un quart d’heure à désengraver notre maasch qui s’était trop approché de l’îlot ». Jean-François en signale d’autres un peu plus tard, près d’Abou Simbel.

            Au retour, c’est une autre approche de l’animal qu’il connaît : « une fête mangeante » est organisée dans la tombe de Séthi Ier, avec comme plat de résistance prévu « un morceau de jeune crocodile à la sauce piquante » ; cependant,, le plat tourne dans la nuit et doit être jeté (« il faudra s’en consoler et nous n’y perdrons probablement qu’une bonne indigestion, tout au moins des pesanteurs d’estomac »).

 

samedi 21 février 2026

W comme ... Walckenaër

 


Naturaliste et homme politique français ; confrère de Jean-François

 

            Charles Athanase Walckenaër (1771-1852) se consacre à l’histoire naturelle à partir de la Révolution française puis occupe des fonctions politiques sous la Restauration. Il occupe plusieurs postes importants dans des institutions scientifiques, notamment président de l’Académie royale des sciences et belles-lettres, à laquelle Champollion appartient depuis 1830.

            C’est à ce titre qu’il prononce l’oraison funèbre de Jean-François au Père-Lachaise, le 6 mars 1832 : « si [la mort] attaque la jeunesse dans sa force, si elle arrête le génie dans son premier essor, il nous semble qu’elle abuse de sa terrible puissance, et que, par un coup trop hardi, elle trouble l’ordre éternel de la Providence. »

            Il rend hommage au déchiffreur en ces termes : « Ce nom ne périra jamais ; mais la vive lumière que M. Champollion répandait sur le sol et les monuments de l’antique Egypte s’est éteinte, au moment même où elle brillait avec le plus d’éclat, et les ténèbres que nous espérions voir se dissiper à sa clarté, nous laissent des regrets qui, peut-être longtemps encore, seront partagés par la postérité. Le deuil d’une seule famille devient un deuil général pour tous ceux qui cultivent les lettres et s’intéressent à leur progrès. »

 

dimanche 15 février 2026

C comme ... Cataracte

  

Louis Amable Crapelet
Vue de la deuxième cataracte sur le Nil, en Nubie
1854
aquarelle ; mine graphite
H. 13,5 ; L. 26,5 cm
Achat, 1923
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)


Encombrement rocheux qui empêche la navigation sur le Nil, visité par Jean-François

 

            Sur les six cataractes du Nil, Champollion en a connu deux. La deuxième marque avant tout la fin méridionale de son périple en Egypte et Nubie.

            La première est en revanche parcourue plus en détails, à deux reprises. Le 5 décembre 1828, elle est franchie à pied, difficilement pour Champollion qui souffre physiquement du pied gauche, notamment lors de la visite de Philae : « au retour, je me couchai et je ne me suis pas encore relevé, vu que ma goutte de Paris a jugé à propos de se porter à la première cataracte et de me traquer au passage. »

            Lors de la descente du Nil, quelques semaines plus tard, il va « avec MM. Duchesne, Lhôte, Lehoux et Bertin, faire une partie de plaisir à la cataracte où nous prîmes un modeste repas, assis à l’ombre d’un santh (mimosa fort épineux), le seul arbre du lieu, en face des brisants du Nil, dont le bruissement me rappela nos torrents des Alpes ». Pendant son séjour à Assouan (alors Syène), Champollion étudie les inscriptions aux divinités de la première cataracte, dont partait la crue du Nil selon la mythologie égyptienne.

 

La première cataracte aujourd'hui


mercredi 11 février 2026

N comme ... Notaire

 

Projet (provocateur ?) de carrière de Jean-François

 

            Grenoble, 1815 : la Restauration et la Terreur blanche touchent les frères Champollion. Jean-François voit son avenir de professeur ou de bibliothécaire s’assombrir : « Nul doute que la Faculté des lettres ne soit supprimée en masse. […] Dans tous les cas, Bilon moi, toi et Berriat-Saint-Prix seront chassés. Nous sommes rasés … »

            Plus ou moins sérieusement, Jean-François envisage un changement de voie complet : « Je veux embrasser l’état de notaire à Grenoble. Tu me diras que c’est d’évêque devenir meunier ; mais qu’importe qi la mitre ne nourrit pas et qu’il y ait de la farine au moulin : ce n’est plus le temps de tenir au rang. D’ailleurs je connais maints notaires plus estimés et plus considérés qu’un bloc de professeurs. »

            Deux raisons principales le poussent vers cette possibilité : la volonté de se marier avec Rosine Blanc, et donc d’avoir une situation financière stable, mais aussi « de me trouver en peu de temps à l’abri des révolutions ». « D’où il résulte que pour moi, hors du notariat point de salut. »

            Aucune suite concrète n’est donnée à ce projet …

 

I comme ... Ibsamboul

  Site archéologique de Basse-Nubie, visité par Jean-François               Le site d’Ibsamboul, appelé aujourd’hui selon la forme arabe...